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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 11:01

De quels moyens techniques et de quels instruments politiques disposons-nous pour atténuer les changements climatiques ? C’est à cette question que répond le troisième et dernier volet des travaux du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, dont les experts étaient réunis cette semaine à Bangkok, en Thaïlande. Le rapport est présenté aujourd’hui, à l’issue d’une semaine marquée par des débats houleux.

 

 

De même que le premier volet du GIEC sur les bases physiques du réchauffement climatique ne laisse plus planer le doute sur la responsabilité des activités humaines, ce troisième volet* n’hésite pas sur la nécessité d’agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES**). Les experts rappellent en préambule que les émissions globales de GES (pondérées par leur potentiel de réchauffement) ont augmenté de 70% entre 1970 et 2004 et qu’elles continueront à croître dans les années à venir.

Le rapport envisage l’action en deux temps : l’atténuation à court et moyen terme jusqu’en 2030, et à long terme après 2030. Le rapport souligne que des changements dans les modes de vie et de consommation peuvent efficacement contribuer au développement d’une économie « sobre en carbone ». Les experts listent les mesures et les instruments dont les gouvernements disposent : taxation du carbone, incitation et obligation pour les énergies renouvelables, investissement dans les transports, nouvelles règles de certification et de construction dans le bâtiment, permis négociables pour l’industrie, etc…Chiffrer ces mesures est difficile et varie grandement d’une région du monde à l’autre.

Les auteurs du rapport -finalisé la nuit dernière- soulignent par ailleurs que les projets de géo- ou bio-ingéniérie, comme la fertilisation de l’océan ou le blocage de la lumière dans la haute atmosphère, sont très incertains. Ces propositions «demeurent largement spéculatives et non prouvées, avec des risques d’effets collatéraux inconnus».

A l’heure actuelle les pays en développement ne sont pas contraints par le protocole de Kyoto à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. La stabilisation des émissions de GES ne pourra pourtant pas se faire sans eux. Le protocole de Kyoto s’arrêtant en 2012, c’est l’après-Kyoto qui sera au cœur des discussions du grand sommet mondial sur le climat de décembre. D’où les pressions exercées ces jours derniers à Bangkok par la Chine, l’Inde ou le Brésil pour faire inscrire noir sur blanc la responsabilité des pays industrialisés dans les changements climatiques.

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.com
(04/05/07)

* Le second rapport portait sur l’impact des changements climatiques et les moyens d’adaptation.
**Ces gaz à effet de serre sont le dioxyde de carbone, le méthane, le protoxyde d’azote, l’hexafluorure de soufre, les HCF et PFC.

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