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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 15:26
Le virus du sida, originaire d'Afrique, s'est propagé aux Etats-Unis via Haïti vers 1969, dix ans plus tôt qu'estimé jusque-là, selon une étude publiée lundi 29 octobre, qui élimine totalement la théorie d'un steward canadien homosexuel comme source de l'épidémie.

 

"Haïti a été le tremplin pour le virus quand, de l'Afrique centrale, il a commencé à se propager à travers le monde", explique Michael Worobey, un professeur de biologie à l'université d'Arizona et principal auteur de l'étude parue dans les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences [Proceedings of the National Academy of Sciences], datées du 29 octobre. Le virus mortel est probablement arrivé sur les côtes américaines autour de 1969, plus d'une décennie avant l'explosion de l'infection, et pourrait avoir été introduit par un immigré haïtien célibataire, selon ces chercheurs. Il s'est répandu ensuite au Canada, en Europe, en Australie et au Japon.

CHAÎNON MANQUANT

Cette étude confirme ce que soupçonnaient plusieurs scientifiques et remet en cause la théorie populaire du "patient zéro" qui aurait été un steward homosexuel québécois, Gaétan Dugas. Il semble plus crédible qu'un immigré ou plusieurs immigrés haïtiens soient à l'origine de l'épidémie plutôt qu'un adepte du tourisme sexuel rentrant d'Haïti, car ce pays n'est devenu une destination prisée qu'à partir des années 1970, a estimé le Dr Worobey. Les autorités sanitaires américaines n'ont pris conscience qu'au début des années 1980 qu'elles faisaient face à une épidémie. Les premiers cas de sida ont été rapportés dans la communauté homosexuelle en 1981 à Los Angeles.
 
L'étude semble ainsi établir le chaînon manquant de la propagation entre les Etats-Unis et l'Afrique centrale, où le virus est apparu parmi les humains vers 1930 après avoir été transmis par des chimpanzés, selon les recherches de la professeure Bette Korber du laboratoire national de Los Alamos (Nouveau-Mexique). Le virus simiesque aurait été transmis, avant d'évoluer, à des chasseurs qui consommaient de la viande de chimpanzé. Les singes sont infectés avec une variation du VIH sans jamais développer le sida, le syndrome de l'immunodéficience acquise.

PROBABILITÉ DE PLUS DE 99 %

Pour remonter aux origines de l'infection aux Etats-Unis, le Dr Worobey et une équipe internationale de chercheurs ont conduit des analyses génétiques d'échantillons sanguins de malades du sida qui ont émigré d'Haïti. Ils ont analysé les échantillons sanguins de cinq de ces migrants hatiens prélevés en 1982 et 1983. Ils ont également travaillé sur les données génétiques de 117 autres malades du sida à travers le monde. Ils ont pu ainsi établir les caractéristiques génétiques qu'ils ont comparées aux séquences génétiques de malades du sida d'autres pays. Ils en ont alors conclu, avec une probabilité de plus de 99 %, que le virus est venu d'Afrique aux Etats-Unis via Haïti.

D'autres éléments confortent cette conclusion. D'abord, de nombreux Haïtiens ont travaillé en République démocratique du Congo, l'ex-Zaïre après son indépendance en 1960, l'un des pays où la maladie était implantée depuis les années 1930. Enfin, au début du déclenchement de l'épidémie américaine, le taux d'infection parmi les Haïtiens vivant aux Etats-Unis était 27 fois supérieur au reste de la population.


Le monde.fr avec AFP et Reuters













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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 20:51

 

PARIS (AFP) 

    La liste rouge des espèces menacées, publiée mercredi par l'Union mondiale pour la nature, dresse un tableau alarmant de la perte de diversité animale et végétale sur la planète.

Près de 200 nouvelles espèces ont rejoint la liste des 16.306 espèces menacées d'extinction (contre 16.118 l'année dernière), sur 41.415 espèces mises sous surveillance par l'UICN parmi 1,9 million connues dans le monde.

Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70% des plantes sont menacés, selon cette liste que l'UICN publie chaque année.

Au total, 785 espèces sont déjà éteintes et 65 survivent seulement en captivité ou à l'état domestique, fait observer l'UICN.

Les bonnes nouvelles sont rares: une seule espèce a été reclassée dans une catégorie moins menacée, la perruche à collier de Maurice (Psittacula eques), désormais "menacée" et non "en danger critique".

L'homme, directement ou indirectement, est la principale cause de la disparition des espèces, selon les scientifiques qui plaident pour la création de vastes espaces naturels préservés.

"La biodiversité disparaît à un rythme accéléré et nous devons agir au plus vite pour le ralentir et prévenir cette crise d'extinction" a averti Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l'UICN.

Parmi les mammifères, le déclin des grands singes est préoccupant et le gorille de plaine (Gorilla gorilla) est maintenant "en danger critique". Décimé par le virus Ebola, sa population a chuté de plus de 60% depuis 25 ans.

L'orang-outan de Sumatra (Pongo abelii) est "en danger critique" et celui de Bornéo (Pongo pygmaeus) "en danger", tous deux victimes de la déforestation.

Le dauphin blanc du Yangtze en Chine, le baiji (Lipotes vexillifer), l'une des plus vieilles espèces animales, est aussi "en danger critique" et est peut-être même déjà éteint, bien que les scientifiques chinois gardent espoir depuis qu'en août, un habitant de la province de l'Anhui (est) a cru l'apercevoir.

Idem pour un crocodile du Gange dans le nord de l'Inde, le Gavial (Gavialis gangeticus), menacé par la dégradation de son habitat naturel: sa population est passée de 436 adultes en 1997 à 182 en 2006.

Les coraux, victimes du réchauffement climatique et d'El Nino, apparaissent pour la première fois sur la liste. Dix espèces des Galapagos sont menacées, en danger ou vulnérables, dont une, le corail solitaire de Wellington (Rhizopsammia wellington) est probablement déjà éteinte.

Le poisson cardinal de Banggai (Pterapogon kauderni) fait également son entrée dans la liste dans la catégorie "en danger": "90% des effectifs a disparu en l'espace de 12 ans à cause des aquariums", selon Jean-Christophe Vié, Chef adjoint du programme de l'UICN pour les espèces, qui voit dans cette liste rouge "un baromètre de la biodiversité dans le monde".

Dans les airs, 1.217 oiseaux figurent parmi les espèces menacées sur les 9.956 suivies par l'UICN, notamment le vautour à tête rouge d'Asie (Sarcogyps calvus) et le vautour égyptien d'Afrique (Neophron percnopterus), empoisonnés par le diclofenac, un médicament pour le bétail.

La situation des plantes n'est guère plus réjouissante: 8.447 espèces sont menacées d'extinction sur les 12.043 figurant sur la liste rouge de l'UICN.

L'abricot sauvage (Armeniaca vulgaris) d'Asie centrale, ancêtre de l'arbre fruitier cultivé dans de nombreux pays du monde, fait son entrée parmi les espèces "en danger".

Une plante originaire de l'île de Penang en Malaisie, le Begonia eiromischa, est la seule espèce végétale déclarée éteinte cette année.

L'UICN, fondée en 1948, rassemble 81 Etats, 113 organismes publics, plus de 850 organisations non gouvernementales et quelque 10.000 scientifiques et experts de 181 pays.




L'orang-outan de Sumatra,. considéré comme le plus gros arboricole au monde, ce grand singe roux originaire des forêts indonésiennes de Bornéo et Sumatra est une espèce menacée. Il en reste 30 000 à 40 000 dans l'ensemble de Bornéo et 5000 à Sumatra.

 

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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 08:51

La Grande-Bretagne est devenue, mercredi 5 septembre, le premier pays au monde à autoriser officiellement - tout en l'encadrant - la création in vitro d'embryons "chimères" constitués d'un patrimoine génétique humain intégré dans une enveloppe et une machinerie cellulaires d'origine animale.

Le "feu vert" donné par la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA) vise à pallier les difficultés rencontrées par les biologistes britanniques engagés dans la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines à des fins thérapeutiques. Ces chercheurs expliquent être confrontés à une pénurie d'ovocytes féminins, cellules indispensables à la création d'embryons via la technique du clonage par transfert nucléaire. Selon eux, une solution s'imposait : substituer aux ovocytes humains des ovocytes d'autres mammifères prélevés sur des vaches ou sur des lapines.

En janvier, compte tenu des enjeux symboliques et éthiques inhérents à une telle demande scientifique, la HFEA avait jugé indispensable, avant de rendre sa décision, d'organiser durant plusieurs mois une consultation publique visant à prendre le pouls de l'opinion britannique.

"La loi sur ce sujet n'est pas très claire, et ce domaine peut apporter un changement substantiel dans l'orientation de la recherche scientifique au Royaume-Uni, précisait alors Angela McNab, directrice générale de la HFEA. Ce serait une erreur de porter un jugement immédiat sur ce problème compliqué et controversé avant d'avoir suffisamment d'éléments." Pour sa part le gouvernement travailliste de Tony Blair, soucieux de tout mettre en oeuvre pour conforter la position dominante de son pays dans ce secteur perçu comme économiquement prometteur, n'avait pas caché, durant la consultation, qu'il était favorable à de telles recherches (Le Monde du 23 mai). Il avait alors fait état d'un projet de loi permettant de telles créations embryonnaires. Le Parlement britannique n'a pas encore tranché, mais les prérogatives réglementaires de la HFEA pourraient permettre de faire l'économie d'une étape législative.


CONDAMNATIONS CATHOLIQUES

 

En pratique, les scientifiques souhaitant pouvoir créer de telles chimères embryonnaires devront s'adresser à la HFEA, qui évaluera au cas par cas la pertinence des recherches projetées. Une commission ad hoc évaluera au cours du mois de novembre les dossiers qui ont déjà été déposés, ceux de chercheurs de l'université du King's College à Londres et de l'université de Newcastle, dans le nord-est de l'Angleterre. Les embryons hybrides ne pourront pas être implantés dans un utérus animal ou, a fortiori, humain. Ils devront être détruits au plus tard 14 jours après leur création, après que les chercheurs seront parvenus à dériver des lignées de cellules souches qui pourront être cultivées durant plusieurs années ou décennies.

"La décision de la HFEA constitue un résultat positif (...) pour le progrès de la science en Grande-Bretagne. Nous espérons que cela débouchera sur de nouvelles technologies profitant à tout le monde, a déclaré, le 5 septembre sur les ondes de la BBC, le docteur Lyle Armstrong (université de Newcastle), un des chercheurs directement concernés. Cela peut sembler à première vue répugnant, mais il faut comprendre que nous n'utilisons que très peu d'information génétique de la vache. Il n'est pas dans notre intention de donner naissance à un quelconque hybride bizarre entre l'homme et la vache. Nous voulons utiliser ces cellules afin de mieux comprendre les cellules souches humaines."

Environ 1 % de l'ADN de ces embryons chimériques devrait être d'origine animale - il s'agit d'ADN mitochondrial, présent dans les "centrales à énergie" des cellules, et non pas chromosomique, concentré dans le noyau.

Pour autant le feu vert accordé par la HFEA a, sans surprise mais avec une virulence sans précédent, déclenché une série de condamnations émanant des milieux catholiques. La plus violente a été formulée par Mgr Elio Sgreccia, président de l'Académie pontificale pour la vie. "C'est un acte monstrueux dirigé contre la dignité humaine", a-t-il déclaré le 5 septembre sur les ondes de Radio-Vatican.

Jean-Yves Nau
Article paru dans le Monde / édition du 08.09.07.









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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 10:41

 Chez les cerfs mulets, la défense des petits franchit la barrière des espèces. Les femelles se précipitent au secours des faons en danger, même s’ils appartiennent à une autre espèce.

 

(Finbarr Wilson)

Dans le monde animal, les mères s’occupent en priorité de leurs petits ou des petits des femelles de la même espèce. Chez les cerfs mulets (Odocoileus hemionus), la défense des rejetons va beaucoup plus loin, ont observé des chercheurs. Les femelles vont au secours des faons de la même espèce ou d’une autre espèce, le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus).

Les chercheurs de l’Université d’Alberta, au Canada, ont installé des hauts-parleurs à l’extérieur afin de diffuser des cris de détresse émis par les faons lorsqu’ils sont en danger, attaqués par des coyotes par exemple. La biche de Virginie n’accourt que lorsqu’elle reconnaît les cris d’un petit faon de son espèce. Elle s’approche du haut-parleur puis demeure à bonne distance. La biche mulet, elle, se précipite même si les cris sont ceux d’un Odocoileus virginianus et même si son propre faon est avec elle – ce qui prouve qu’elle ne se méprend pas sur la nature des cris. La femelle tourne autour du haut-parleur jusqu’à ce que les cris cessent. Même les biches qui n’ont pas encore eu de petit réagissent aux plaintes des faons.

Ce comportement va à l’encontre de beaucoup d’études et d’observation montrant que les relations entre animaux sont guidées par la perception des liens de parentés et de la proximité génétique. L’instinct maternel semble très développé chez les cerfs mulets. Il peut également s’agir d’une stratégie destinée à garantir la survie de sa propre progéniture, expliquent les chercheurs. En réagissant à chaque cri de détresse par une attitude agressive, la mère protège aussi son faon. De fait, les faons de Virgine tombent davantage sous les coups des prédateurs pendant leurs premières années de vie que leurs ‘’cousins’’ cerfs mulets.

Ces travaux ont été publiés dans la revue Animal Behaviour du mois de mai.

C.D.
Sciences et Avenir.com
(04/06/07)

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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 00:00
Découverte de gènes-clés
Les plus importants gènes prédisposant au risque de développer la forme la plus répandue du diabète viennent d'être identifiés par une équipe internationale.

« La dissection du génome des diabétiques permet d'élucider environ 70% de la prédisposition à faire un diabète de type 2 (DT2) », la forme la plus répandue du diabète, souligne le Pr Philippe Froguel, co-auteur.
 Ces découvertes, publiées en ligne par la revue scientifique britannique Nature, ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques et de prévention avec la mise au point d'un test.

 

«Certains des gènes
constituent une cible
thérapeutique idéale»

 

 

 Ce travail résulte d'une collaboration franco-anglo-canadienne entre les équipes dirigées par Philippe Froguel (CNRS-Institut Pasteur de Lille/Imperial College de Londres) et Rob Sladek (Université McGill, Montréal).
 Certains des gènes identifiés, particulièrement le transporteur de zinc, indispensable à la sécrétion de l'insuline par le pancréas, constituent une cible thérapeutique idéale pour combattre la maladie, selon les chercheurs.
 Plus de 200 millions de personnes sont diabétiques dans le monde et ce nombre devrait presque doubler d'ici à 2030, avec l'épidémie d'obésité qui touche actuellement 1,1 milliard de personnes dont 150 millions d'enfants. Mais la prédisposition héréditaire joue également un grand rôle lorsqu'on grossit. « Dans un à deux ans, on sera capable d'utiliser un test génétique qui permettra de dire son risque à un adolescent un peu en surpoids, qui a un père ou une mère diabétique », indique le Pr Froguel. Cela pourra le motiver pour adapter son alimentation, faire du sport et, en perdant du poids, réduire son risque de diabète, cause de maladies cardiaques, rénales, de cécité, d'impuissance et d'amputations.
 L'arrivée de techniques d'analyse rapides, avec les puces à ADN, a permis la première exploration totale de la prédisposition génétique au diabète, souligne le CNRS.
 La puce à ADN est une petite pièce de métal (ou de plastique) de quelques centimètres carrés sur laquelle sont gravés un demi-million de variants (mutations) génétiques qui différencient un individu d'un autre, par exemple la couleur des yeux. En y déposant un peu d'ADN extrait du sang, on peut étudier tout le génome d'une personne.
 « Ces découvertes vont également permettre de mieux comprendre pourquoi certains cancers (pancréas...) sont plus fréquents chez les obèses diabétiques », ajoute le Pr Froguel.

 

 

 

Édition des DNA du Mar 13 fév. 2007



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